La lessiveuse, c’est quoi ?

La lessiveuse est en mouvement constant.
La lessiveuse en a marre de laver son linge en famille, derrière les murs de son appartement.
La lessiveuse veut le rétablissement des lavoirs publics comme lieux sociaux, de conversation, de travail communautaire, au-delà des différences de programmes, de couleurs, de températures et de marques.

– Et sinon, c’est quoi la lessiveuse ?

– C’est un collectif en émergence qui interroge l’hétéropatriarcat. On est basé sur Chambéry.

– (Ah zut, encore un mot barbare…) C’est quoi l’hétéropatriarcat ?

– C’est par ce mot qu’on a choisi de nommer un ensemble de normes dans lequel nous évoluons. Actuellement (mais tout ça est voué à changer*), on s’est mis d’accord pour définir l’hétéropatriarcat comme ce monde où

  • on est soit un homme, soit une femme
  • un homme fait l’amour avec une femme, une femme fait l’amour avec un homme;
  • l’homme fait référence dans tous les domaines.

– Ouais, vous voulez parler de ce qui fait une fille ou un garçon, de sexe, de sexualité, de domination masculine et tout ça quoi.

– C’est ça. Et aussi essayer de voir les liens que ça a avec les autres systèmes d’oppression dans lesquels on baigne (et là on pourrait utiliser d’autres mots barbares qui terminent en -isme).

– Et du coup, vous voulez faire quoi ?

– Ce qu’on veut surtout, c’est faire bouger tout ça. De quelle façon, ça dépend de qui est là… Mais ce qu’on sait, c’est qu’on veut le faire ensemble. À chaque fois qu’on organise quelque chose, ce qu’on cherche à faire avant tout, c’est créer un espace d’échanges et d’interrogations qui soit collectif. On peut en discuter si tu veux…

*n’oublions pas: mouvement constant

 

La Lessiveuse est-elle féministe?

Oui, la Lessiveuse est un collectif féministe.

Un féminisme en mouvement constant qui s’essaye à ce que chacun.e s’interroge avec nous.
Un féminisme qui cherche des manières de faire ensemble au-delà des systèmes de dominations.
Un féminisme vigilant quant à l’exploitation des un.e.s au service des autres.
Un féminisme qui a la volonté de rendre visible les constructions sociales qui enferment, cloisonnent, stigmatisent.

– Des manières de faire  ensemble : accorder de l’importance aux vécus (pas seulement aux savoirs), veiller à la répartition de la parole pour que ce ne soit pas toujours les mêmes grosses voix qu’on entende, adopter des décisions au consentement (personne ne doit être en désaccord avec la décision prise), etc.

– Prendre conscience des systèmes de domination : le cishétéropatriarcat néocolonialiste et capitaliste par exemple 😉 qui fait que quand tu es un homme identifié en tant qu’homme, blanc, hétéro, c’est plus simple de trouver un emploi en CDI ou un appart ou que dans la rue, tu te sentes plus en sécurité qu’une femme.

– L’exploitation des un.e.s au service des autres : rien que dans nos relations de tous les jours, plus ou moins proches, par exemple, certain.e.s profitent que d’autres prennent « naturellement » en charge le bien-être de tout le monde ou les tâches domestiques.

– Les constructions sociales : qui font que lorsque tu es une fille et que tu te sens plus à l’aise à faire la cuisine plutôt que de la mécanique auto, que tu es le plus souvent renvoyée à ton apparence plutôt qu’à tes compétences : ton genre n’y est pas pour rien ! Ces constructions  font aussi que statistiquement, certaines personnes ont plus de risque d’être discriminé.e.s au travail, dans le cercle amical ou dans la famille en raison de leur genre, de leur orientation sexuelle, de leur appartenance religieuse, etc.

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